Bypass Information aux patients

L'opération en bref

  • Durée de l'hospitalisation : De 4 à 5 jours
  • Durée d'intervention : De 1 à 2 heures
  • Anesthésie : Générale
  • Voie d'abord : Coelioscopie
  • Consignes de sortie : Consignes alimentaires strictes pendant un mois (aliments cuits mixés)

Information sur l'opération

Le bypass

Qu'est ce qu'un bypass ?

Le by-pass (dérivation ou court-circuit en anglais) gastro-jéjunal permet de créer chirurgicalement un estomac très petit qui se déverse directement dans une anse de l’intestin grêle, appelée jéjunum. Cela permet, à la fois, de diminuer la quantité d’aliments ingérés et de réduire leur assimilation par l’organisme. C’est une modification anatomique définitive. Pratiquée depuis presque 40 ans, cette intervention est la plus connue des opérations destinées à faire perdre du poids. Son efficacité à court et à long terme est aujourd’hui prouvée. Elle n’est mise en échec que dans un cas sur 5, (perte de poids insuffisante ou reprise de poids).

A quoi sert-il ?

Vous souffrez d’un surpoids important. Un traitement chirurgical de l'obésité peut vous être utile si votre index de masse corporelle (IMC) est ≥ 40 (ou ≥ 35 si l’excès de poids est associé à un diabète, une hypertension artérielle ou une arthrose de hanche ou de genou, maladies qui s’amélioreront avec l’amaigrissement). Un IMC trop élevé réduit de quelques années de vie l’espérance de vie et altère la qualité de vie. On calcule l’IMC en divisant son poids (kilos) par sa taille au carré (mètres carrés). La normale se situe entre 20 et 25 kg/m2.

A quel résultat peut on s'attendre ?

Le bénéfice attendu de l'opération est que vous perdiez une grande partie de votre excès de poids sans le reprendre à long terme et, de ce fait, diminuer, voire supprimer les maladies associées comme l'hypertension artérielle, le diabète, l'apnée du sommeil ou les douleurs articulaires.

La perte moyenne d’excès de poids à attendre avec cette intervention, est de 65 % (l’excès de poids correspond au nombre de kilos que vous avez en trop par rapport à votre poids idéal attendu, calculé sur la base d’un IMC entre 23 et 25). La perte de poids obtenue est ainsi de 35 à 40 kg en moyenne.

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Comment se déroule l'intervention et ses suites ?

  • Avant l'opération
    • Arrivée dans l’établissement la veille ou le jour même de l’intervention.
  • Pendant l'opération
    • Le bypass est toujours réalisée sous anesthésie générale et sous coelioscopie.
    • L’intervention dure en moyenne deux heures, parfois plus selon votre poids ou l’existence d’opérations précédentes sur l’abdomen.
  • Après l'opération
    • La durée d’hospitalisation varie entre 2 et 7 jours, selon les équipes et en l'absence de complications..
    • Classiquement, la reprise des aliments commence par des repas semi-liquides puis solides. Il faut manger calmement, lentement, ne pas boire pendant les repas et bien mâcher lors de la reprise des aliments solides.
    • Vous devez vous engager à revoir votre chirurgien et votre nutritionniste pour un suivi à long terme. La perte de poids importante des 3 premiers mois entraîne une grosse fatigue, car elle concerne aussi les muscles. La pratique d’une activité physique est donc impérative et doit être débutée le plus tôt possible après l’intervention (environ un mois après).
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    Quelles sont les complications possible d'une intervention ?

    Comme dans toute intervention chirurgicale, il existe des risques lors de la réalisation d’un by-pass gastro-jéjunal. Avant 60-65 ans, le risque opératoire est inférieur à celui qu’on prend à ne rien faire. La grande obésité abîme progressivement votre coeur, vos poumons, vos articulations, et certains de vos organes.

    Les riques de complications opératoires sont les suivants :

  • Dans 2 à 3% des cas, il existe des fuites sur les sutures entre estomac et intestin. Cela peut provoquer un abcès, voire une péritonite. Cette complication survient généralement dans les 2 premiers jours, mais il faut s’en méfier après le retour au domicile.
  • Comme dans toute opération, il existe un risque de saignement (1 à 2%) qui justifie une surveillance étroite dans les premiers jours. S’il est parfois utile de vous transfuser des globules rouges en cas d’anémie, le saignement ne nécessite qu’exceptionnellement une ré-intervention.
  • Dans 2% des cas et sous 48 heures, on observe une occlusion intestinale aiguë qui nécessite le plus souvent une ré-intervention précoce.
  • Il existe des complications très exceptionnelles liées à la coelioscopie. Des blessures accidentelles qui sont favorisées par la complexité de l’intervention ou des circonstances anatomiques imprévues. Leur reconnaissance immédiate, permet en général une réparation sans séquelle, mais elles peuvent parfois passer inaperçues lors de l'intervention et provoquer une péritonite ou un abcès post-opératoire. Elles peuvent exceptionnellement entrainer le décès du patient.
  • Le by-pass gastro-jéjunal peut entraîner des effets secondaires (phénomènes gênants mais non dangereux) :

  • Le dumping syndrome : c’est une sorte de malaise (palpitations, nausées, maux de tête, diarrhée) survenant après consommation d’aliments trop riches ou trop rapidement absorbé.
  • Les flatulences, relativement limitées et variables en fonction des individus.
  • Les diarrhées ou constipations, touchent moins d’un patient sur 10 et sont souvent en rapport avec la consommation de graisses. Elles peuvent nécessiter un traitement ou un régime adapté.
  • Les difficultés d'alimentation, relativement rares, mais très variables d’une personne à l’autre.
  • Enfin le by-pass gastrique peut entraîner des complications tardives (bien au-delà du premier mois après l’opération). Elles sont dominées par :

  • L’ulcère au niveau de la petite poche de l’estomac qui se manifeste par des douleurs et peut être favorisé par le tabac ou la consommation d’anti-inflammatoires ou aspirine. Il survient dans moins de 5 % des cas et nécessite souvent de faire une fibroscopie. Le traitement est médical et doit être prolongé et surveillé.
  • Les douleurs de l’abdomen, elles sont fréquentes et parfois sans cause évidente, mais elles doivent faire craindre la hernie interne (3 à 4%), conséquence du court-circuit intestinal et de l’amaigrissement important. Elles peuvent nécessiter une nouvelle chirurgie généralement sous coelioscopie.
  • La formation de calculs dans la vésicule biliaire est fréquente. Si elle est douloureuse, une ablation de la vésicule biliaire par coelioscopie est parfois nécessaire. Pour éviter l’apparition de calculs, un traitement dissolvant préventif peut être donné après le by-pass pour une durée de 6 mois.
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    Editée le 3 août 2015, textes du Dr Patrick Guillermet