La Coelioscopie

La coelioscopie

La chirurgie cœlioscopique ou vidéo-chirurgie est une méthode qui permet au chirurgien d’opérer en regardant un écran de télévision, sans introduire ses mains dans le corps du patient.Seuls ses instruments pénètrent dans la cavité abdominale, à travers de très petites incisions.

Grâce à l'utilisation d'un gaz inerte, le CO2, dont la pression est automatiquement contrôlée, on peut créer un espace dans la cavité abdominale.Un laryngoscope relié à une source de lumière froide et à une camera permet ainsi de voir l’intérieur de toute la cavité abdominale sur un écran de télévision. Des incisions de 5 à 10 mm permettent l'introduction de petits tubes creux appelés trocarts qui servent au passage d'instruments fins et longs.Ces instruments très sophistiqués permettent au chirurgien et à ses aides d'assurer l’opération en contrôlant avec une extrême précision les gestes chirurgicaux sur le moniteur vidéo. C’est pour cela que cette chirurgie s’appelle aussi « micro-invasive ».

Cette chirurgie a représente aux début des années 90 une véritable révolution technologique qui a démarrée en France et s'est rapidement répandue dans le monde entier. L'ablation de la vésicule(cholécystotomie) fut la première opération digestive effectuée par cœlioscopie et je l'ai moi même pratiquée pour la première fois en avril 1990, ce qui me permet d'avoir depuis 20 ans une expérience considérable en matière de cœliochirurgie. Progressivement pratiquement toutes les interventions abdominales peuvent être maintenant effectuées par cette méthode (ablation de la vésicule,de l'appendice,du colon et opérations sur l'estomac,les hernies hiatales et les hernies inguinales mais également certaines interventions gynécologiques). Elle présente également un intérêt majeur en chirurgie d'urgence.

J'ai obtenu en 2003 mon Diplôme Universitaire de Chirurgie Cœlioscopique à l'Université de Montpellier. .

Outre la précision opératoire qu'elle apporte, cette chirurgie a de multiples avantages par rapport à la chirurgie traditionnelle qui se fait par une grande incision (laparotomie): elle donne moins de douleur, elle a moins de conséquences respiratoires, elle permet de se lever et de se mobiliser plus rapidement,ce qui réduit les complications du décubitus, elle diminue la durée d'hospitalisation et permet une récupération plus rapide. A distance, elle donne moins de séquelles pariétales et réduit les risques d’éventration et d’adhérences intestinales.

Précautions: outre la nécessité d'une formation adéquate pour le chirurgien, cette chirurgie ne doit pas être employée sans discernement. Elle ne peut pas s'appliquer systématiquement à tous les cas, notamment dans le cancer. Par ailleurs, au cours même d'une intervention débutée sous cœlioscopie les circonstances peuvent obliger le chirurgien à avoir recours à une incision classique. La conversion en laparotomie n'est pas un échec de la méthode mais représente une sécurité que la chirurgien apporte au patient. Il existe aussi des contre-indications anesthésiques.